En dehors des épisodes de pollution,
la qualité de l'air de l'agglomération parisienne
est plutôt bonne. Et ce en raison d'un climat océanique
et d'un relief plutôt plat permettant une bonne dispersion
des polluants émis. Les normes européennes en matière
de qualité de l'air distinguent des valeurs limites à
ne pas dépasser (objectif de qualité à atteindre).
Les normes européennes s'appliquent pour le dioxyde de
soufre, les poussières, de dioxyde d'azote, l'ozone et
le plomb.
Dioxyde de soufre:
On note depuis plusieurs années le respect des valeurs
limites sur tous les sites de la région parisienne. Les
valeurs guides ne sont que très rarement dépassées
sur certains sites.
Dioxyde d'azote:
A l'exception d'un site de proximité en 1994, la valeur
limite est respectée en Ile-de-France. Les valeurs guides
sont par contre dépassées sur un quart des sites
de fond en moyenne et la quasi totalité des sites de proximité.
En revanche la valeur d'information de la population et la valeur
d'alerte ont été plusieurs fois franchies ces derniers
années.
Poussières:
Les valeurs limites et guides sont partout respectées depuis
plusieurs années en Ile-de-France.
Ozone:
La directive européenne ozone définit des valeurs
d'information et d'alerte de la population. La valeur d'alerte
n'a jamais été atteinte en Ile-de-France. La valeur
d'information est plusieurs fois franchie en été
sur la plupart des sites de la région.
Plomb:
Les concentrations relevées sont en moyenne aujourd'hui
5 fois inférieur aux normes.
Les pointes de pollution
Les niveaux peuvent considérablement changer d'un jour
à l'autre, bien davantage que d'un endroit à l'autre
de l'agglomération pour une même journée.
La pollution émise par les activités humaines au
niveau du sol ou à faible hauteur se disperse dans l'atmosphère
plus ou moins bien en fonction de la situation météorologique.
La région parisienne dispose d'une situation globalement
favorable à cette dispersion naturelle grâce à
un régime climatique océanique dominant, accompagné
de vents assez forts et de précipitations abondantes, ce
qui contribue à un brassage et à un lessivage de
l'atmosphère. Le relief peu marqué favorise l'effet
dispersif des vents. Cette situation conduit à des niveaux
moyens de pollution relativement faibles compte tenu de l'importance
des activités de la région (10 millions d'habitants)
et des émissions de pollution qu'elles engendrent. Les
niveaux de pollution changent avec la saison de façon différente
pour chaque polluant. Par exemple, le dioxyde de soufre est plus
faible en été car essentiellement produit par les
activités de combustion et de chauffage, réduites
à cette époque de l'années. L'ozone polluant
secondaire formé sous l'effet d'un fort rayonnement solaire,
est plus élevé en été. Périodiquement,
et plus fréquemment en automne et en hiver, on observe
des conditions météorologiques défavorables
à la dispersion de la pollution:
* absence de vent au sol
* absence de précipitations
* phénomène "d'inversion de température"
Durant de telles situations qui durent d'une journée à
une dizaine de jours, les niveaux de pollution peuvent être
5 à 10 fois supérieurs à la moyenne. En situation
normale, la température de l'air diminue avec l'altitude.
L'air chaud contenant les polluants tend à s'élever
au dessus de l'air froid (principe de la montgolfière).
Les polluants sont ainsi dispersés. En situation "d'inversion
de température ", une couche d'air se forme à
proximité du sol, dans laquelle la température augmente
avec l'altitude. L'air chaud pollué ne peut la traverser
et cette couche se comporte comme un "couvercle" empêchant
la dispersion de la pollution. Cette couche plus chaude en altitude
s'explique les jours de beaux temps par refroidissement des couches
d'air inférieures en contact du sol au cours de la nuit
alors que les couches moyennes conservent leur température
de la journée. En été par fort ensoleillement
et chaleur, les polluants "primaires" automobiles se
transforment en ozone.
- Mise en place d'une réglementation particulière
qui n'autorise que les combustibles à faible teneur en
souffre
- Evolution de l'économie régionale : augmentation
des activités tertiaires, au détriment de secteur
industriel.
- Programme national de production d'électricité
d'origine nucléaire au détriment de la production
thermique classique qui émettait beaucoup de dioxyde de
souffre.
Les niveaux moyens hivernaux de fumées noires ont été
parallèlement divisés par quatre à Paris
au cours des 30 dernières années. Les émissions
de poussières, en baisse sensible dans le secteur industriel,
tentent à augmenter dans le secteur des transports, en
raison de l'accroissement régulier de la proportion de
véhicules diesel dans le parc régional.
Dans le même temps, on a assisté à une augmentation
régulière des émissions de polluants atmosphériques
dues aux transports, essentiellement routiers. Ces polluants sont
notamment les oxydes d'azote (75% des émissions de ce polluant
sont dues au secteur des transports en Ile de France), et les
Composés Organiques Volatiles (34% des émissions
dues aux transports).
Interprétation des indices
1= Excellent 3= Bon 5= Moyen 7= Très médiocre 9=
Très mauvais 2=Très bon 4= Assez bon 6= Médiocre
8= Mauvais 10= Exécrable
La qualite de l'air en chiffre
AirParif est un organisme public qui controle la qualité de l'air.
LA MESURE OPTIQUE :UNE OUVERTURE VERS L'AVENIR
En avril 1994, le Préfet de police de Paris a instauré
une procédure d'information et d'alerte en cas d'épisode
de pollution en région parisienne. Cet arrêt a été
signé par l'ensemble des préfets des départements
de la région. Il prévoit trois niveaux d'actions:
niveaux 1, 2 et 3. AIRPARIF est chargé de détecter
le franchissement de ces niveaux. La procédure d'alerte
porte sur trois indicateurs :
* le dioxyde d'azote (NO2)
* l'ozone (O3)
* dioxyde de soufre (SO2)
Pour chaque polluant, l'arrêté définit des
seuils de concentrations horaires pour chaque niveau de la procédure.
Tableau des seuils (microg / m3)
dioxyde d'azote
dioxyde de soufre
ozone
Niveau 1
200
200
130
Niveau 2
300
350
180
Niveau 3
400
600
360
Le niveau 1 correspond à une "mise en éveil
des services techniques et des autorités". Le niveau
2 correspond à une "information des autorités
et du public", par voie de communiqué de presse auprès
des médias. Le niveau 3 correspond quand à lui à
"l'alerte". Le Préfet de Police peut alors émettre
des recommandations, visant à limiter l'usage des véhicules
ou du chauffage, selon la nature de la pollution. AIRPARIF s'est
doté d'un système informatique lui permettant de
communiquer dans les meilleurs délais une situation de
pollution.
Nombre de déclenchements des 3 niveaux de la procédure
en 1995 et 1996 (exprimés en jours)
Ce graphique résume (grâce au
indice journalier) comment est la qualité de l'air dans
le mois d'avril dans toute l'agglomération parisienne.
Nous constatons que la qualité de l'air est très
hétérogène car elle change pratiquement tous
les jours. La moyenne de l'indice dans l'agglomération
parisienne est de 5. Si nous nous reportons au graphique ci-dessus
nous pouvons constater qu'il y a des jours ou l'indice est très
fort comme le 10 avril où il atteint l'indice 9. les jours
où l'indice est très fort sont dues à la
température et au trafic automobile. l'indice le plus faible
dans le mois d'avril est 4. Pour résumer nous pouvons dire
que la qualité de l'air dans l'agglomération parisienne
est globalement moyenne. Certains jours elle est assez bonne mais
c'est très rare et d'autre jours elle est très mauvaise.
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Les outils d'Airparif
|
Niveau 1 |
Niveau 2 |
Niveau 3 | |
|
1995 |
31 |
6 |
0 |
|
1996 |
33 |
6 |
2 |
composition types des fumées produites par l'incinération des ordures ménagères sans traitement
A la sortie d'un groupe four-chaudière récent, la quantité des fumées produites est de 5500 à 6000 Nm3 (soit à 7 à 7,5 tonnes) par tonne d'ordures ménagères.
Eléments principaux
La composition moyenne en volume est la suivante:
- CO2 8 %
- O2 8,5 %
- N2 68,5 %
- H2O 15 %
La partie combustible des ordures ménagères est essentiellement composée de carbone, hydrogène oxygène et azote. La combustion du carbone produit le CO2. La vapeur d'eau provient à parts à peu près égales de la vaporisation de l'humidité des ordures ménagères et de la combustion de l' hydrogène. L'oxygène provient de l'excès d'air insufflé dans le four pour obtenir une combustion satisfaisante. L'azote provient de l'air total insufflé dans le four.
Polluants contenus à l'état de traces
les polluants peuvent être regroupés en 4 catégories principales.
* Les poussières
Les poussières sont des particules solides minérales constituées essentiellement de silice, calcium, sulfates, chlorures, carbonates, magnésium, sodium, potassium, aluminium, fer etc... Ce sont des particules fines entraînées par les gaz de combustion. Elles contiennent également des imbrûlés organiques sous forme de carbone. La quantité de poussières sèche est de 2 à 3 g / Nm3, soit 11à 18 kg par tonne d'ordures ménagères.
* Les métaux lourds
Les métaux lourds comprennent:
- les métaux lourds particulaires contenus dans les poussières
- les métaux lourds gazeux
les métaux lourds particulaires représentent en moyenne 3 % des poussières, soit 90 à 100 mg / Nm3 (0,6 kg par tonne d'ordures ménagères).
On trouve par ordre décroissant:
|
mg / Nm3 |
g / tonne d'ordures ménagères | |
|
Zinc |
60 |
360 |
|
Plomb |
20 |
120 |
|
Cuivre |
3 |
18 |
|
Baryum |
2 |
12 |
|
Etain |
2 |
12 |
|
Manganèse |
1.5 |
9 |
|
Cadmium |
1 |
6 |
|
Chrome |
1 |
6 |
|
Argent |
0.2 |
1.2 |
|
Nickel |
0.15 |
0.9 |
|
Cobalt |
0.1 |
0.6 |
|
Arsenic |
0.1 |
0.6 |
|
Vanadium |
0.1 |
0.6 |
|
Mercure |
0.05 |
0.3 |
* les imbrûlés
La teneur plus ou moins importante des imbrûlés dans les gaz de combustion à la sortie d'un groupe four-chaudière caractérise la qualité de l'incinération. Les imbrûlés comprennent d'une part l'oxyde de carbone CO résultant de la combustion incomplète du carbone, d'autre part des imbrûlés organiques constitués des hydrocarbures gazeux et des dioxynes et furanes.
|
Mg / Nm3 |
g / tonne d'ordures ménagères | |
|
Dioxines et furanes en équivalent toxique à la T4CDD |
2 |
12 |
* Les gaz acides
Les gaz acides sont les constituants qui participent à l' acidification de l'atmosphère et à la formation des pluies acides. Ils comprennent:
- le gaz chlorhydre HCI
- le gaz fluorhydrique HF
- les oxydes de soufre SO2 et SO3 exprimés en équivalent SO2
- les oxydes d'azote NOX exprimés en équivalent NO2
Les oxydes de soufre sont irritants pour les voies respiratoires. Les oxydes d'azote sont constitués de :
- NO au monoxyde d'azote, gaz incolore dont la toxicité est est faible et mal définie.
- NO2 ou dioxyde d'azote, gaz de couleur rouge, irritant pour les voies respiratoires.
- N2O ou protoxyde d'azote, gaz accusé de contribuer à l'effet de serre. Du fait de leur toxicité immédiate pour l'homme, SO2 et NO2 sont mesurés en continu dans l'air ambiant et réglementés.
Traitement des fumées des usines tiru
Avant 1990
les usines d'Issy-les-Moulineaux sont équipées d'un simple dépoussiérage par éléctrofiltre qui permet de capter 98 % des poussières et 95 % des métaux lourds particulaires contenus dans les poussières. Les autres polluants sont rejetés à l'atmosphère.
En 1995
Les trois usines TIRU sont munies, en plus de l'électrofiltre, de la première génération des procédés de déchloruration qui a été mis en place industriellement en Allemagne et en suisse dans les années 80.
La qualité de l'air
Des simulations ont été effectuées pour évaluer l'impact des fumées du futur centre de Vitry-sur-Seine sur l'atmosphère. La hauteur de la cheminée, 115 mètres, assurera une excellente dispersion. Elle empêchera toute retombée à proximité et la visibilité du panache de fumée sera réduite au strict minimum. En fait, les concentrations polluantes seront extrêmement faibles, que ce soit dans l'air ou dans l'eau et ce, même à proximité immédiate. Elles n'atteindront pas le centième des valeurs moyennes d'exposition admises dans, les locaux professionnels. Le rapport de 100 étant préconisé par les spécialistes de la santé pour définir les concentrations admissibles par la population. De plus, dans la perspective d'une évolution de la réglementation allant vers plus d'exigence, notamment dans le cadre de l'Europe, le site a été conçu pour pouvoir recevoir des équipements de dépollution supplémentaires.
Le Val de Marne est moins pollué
que Paris
Un traitement efficace et rigoureux
des fumées
Le dispositif mis en place pour le traitement des fumées
s'appuie sur des technologies éprouvées. Les
fumées passent d'abord par un électrofiltre,
qui agît comme une sorte d'aspirateur à poussière.
Avec ce dépoussiérage, 98 % du travail de dépollution
est effectué. Cette première phase permet d'éliminer
les métaux lourds solides portés par les cendres.
Le traitement est complété par un lavage qui parfait
le dépoussiérage et permet de capter le gaz chlorhydrique,
les oxydes de soufre et les métaux lourds volatils. Pour
se faire, les fumées cheminent dans un dédale
de grands tuyaux. Dans ces tuyaux, les fumées sont rincées
par des rideaux successifs. C'est un peu comme, si elles prenaient
plusieurs douches. La grande différence, c'est que lorsque
nous prenons une douche, notre eau sale et savonneuse s'en va
directement dans les égouts. Là, les eaux sont récupérés
et traitées. Elles ne sortent de l'usine qu'une fois dépolluées.
Les rejets dans l'atmosphère, ainsi que ceux des eaux sont
vérifiés en permanence par la société
qui exploite le centre de traitement. En plus, un organisme indépendant
effectue des vérifications deux fois par an. Concrètement,
les rejets les plus significatifs du centre de Vitry-sur-Seine
concerneront les oxydes de soufre, qui représenteront une
augmentation de 3,5 % au maximum de la valeur annuelle moyenne
mesurée dans un périmètre de 14 km autour
du site et les oxydes d'azote, dont le taux augmentera de 1 %
dans le même périmètre. Pour ce qui est des
poussières, de l'acide chlorhydrique et des métaux
lourds, les valeurs calculées sont négligeables
car inférieures à 1 %, ce qui est bien en dessous
des normes françaises actuelles et même des recommandations
de l'OMS (Organisation mondiale de la santé). Au total,
l'unité de Vitry-sur-Seine ne sera comptable, en moyenne,
que de 1 % de la pollution globale observée dans la zone
et ce seuil devrait encore être abaissé grâce
aux prochaines améliorations de la dépollution prévues
par EDF pour la centrale thermique voisine.
Validée par les études conduites par l'Agence de
l'Eau de Seine Normandie et le Laboratoire National d'Hydraulique
de Chatou, la qualité de l'eau sera garantie par la mise
en oeuvre de procédés et d'outils de traitement
éprouvés et par de nombreux dispositifs de sécurité.
Après leur passage par la station d'épuration
qui équipera le site de Vitry-sur-Seine, les eaux résiduaires
et celles provenant du lavage des fumées pourront être
rejetées à la Seine ou dans le réseau d'assainissement
dans le plus parfait respect des normes. Quant à l'eau
utilisée pour le refroidissement des installations, son
rejet en Seine ne posera aucun problème. En effet, les
mesures effectuées à 50 mètres en aval montrent
que la composition de l'eau reste inchangée et que l'élévation
de la température, de 2,5 degrés maximum, est sans
danger pour les poissons. Ces mesures seront contrôlées
en continu par des analyseurs prévus aux débouchés
de l'usine et les relevés correspondants seront transmis
aux autorités compétentes et consultables à
tout moment par le public.
A l'exception des produits destinés au recyclage, qui
sont non polluants, rien ne sera stocké dans les sous-sols
du site. Les déchets ultimes, résidus pour
lesquels il n'existe plus aucune forme de traitement possible,
seront traités par inertage, puis stockés dans le
centre d'enfouissement technique de Villeparisis, en Seine-et-Marne.
Aucune nuisance olfactive ne sera à craindre à
Vitry-sur-Seine grâce à la rétention, au captage
et à la destruction des odeurs des déchets par la
fermeture du bâtiment, y compris les rampes d'accès
et par un système de maintien en dépression de la
fosse de réception des ordures ménagères.
Les simulations acoustiques réalisées permettent
de garantir que le centre de Vitry-sur-Seine ne créera
aucune nuisance sonore supplémentaire. Le concept architectural
participe pour une large part à la protection phonique
puisqu'aucun équipement ne sera à l'air libre. Par
ailleurs, des capotages ponctuels ont été prévus
pour les équipement générateurs de bruit.
ENVIRONNEMENT: Contrôles
renforcés sur la dioxine des incinérateurs
Les pouvoirs publics placent la dioxine sous haute surveillance.
Cette substance réputée dangereuse (mais les experts
sont divisés sur ses effets, notamment sur ses effets cancérigènes,
sur l'homme) est produite en partie par les incinérateurs
de déchets ménagers. Or leur mise aux normes est
loin d'être satisfaisante : il reste encore en France une
quinzaine d'incinérateurs gros émetteurs de dioxines,
c'est-à-dire qui dépassent le seuil des dix nanogrammes
par mètre cube de fumée, selon le dernier pointage
réalisé par le ministère de l'Environnement.
Ces sites industriels, incinérateurs souvent anciens, ne
sont pas en conformité avec l'arrêté du 25
janvier 1991 sur les émissions de fumées polluantes.
Leur niveau d'émissions de dioxines, non réglementé
par la loi française, est bien au-delà de la norme
européenne de 0,1 nanogramme par mètre cube (soit
un dixième de milliardième de gramme). Le record
absolu de production est atteint par l'incinérateur de
Villejust, dans l'Essonne, dont les émissions de fumées
atteignent les 107,6 nanogrammes par mètre cube, soit plus
de 1.000 fois la norme. Au total, cette usine rejette dans l'atmosphère
50 grammes de dioxines par an, suivi de près par l'incinérateur
de la ville de Maubeuge, avec 42 grammes par an. Sur les 71 installations
d'incinération de plus de 6 tonnes par heure, seuls neuf
sites sont à la norme de 0,1 nanogramme par mètre
cube. " Sans laissez-faire ". Le ministère de
l'Environnement souhaite traiter ce dossier sensible " sans
laissez-faire ni catastrophisme ". Ainsi, il apparaît
important d'en savoir plus sur les émissions de dioxines
en France. Les préfets des départements concernés
ont donc été priés de demander aux exploitants
des quinze incinérateurs mis en cause des mesures supplémentaires
de contrôle de diffusion des dioxines dans le lait, un bon
indicateur de la présence de ce polluant dans l'environnement.
" Il va de soi que, si les mesures sont alarmantes, des mesures
seront prises ", a indiqué vendredi Philippe Vesseron,
directeur de la prévention des pollutions et des risques
au ministère de l'Environnement. En clair : la fermeture
des usines incriminées. C'est d'ailleurs à la suite
de la découverte de dioxines dans le lait de plusieurs
fermes que trois incinérateurs avaient été
fermés dans le département du Nord en février.
Autres initiatives du ministère, le lancement d'une campagne
de mesures des dioxines sur les petits incinérateurs (moins
de 6 tonnes/heure) et dans les secteurs de la métallurgie
et de la sidérurgie, également producteurs de la
substance. Une question de coût. Eliminer les émissions
de dioxines des incinérateurs s'avère parfaitement
possible mais c'est une question de coût. Selon les industriels,
les équipements adéquats alourdiraient la facture
de l'incinération entre 5 francs et 50 francs, en sus du
coût total moyen de 450 francs à la tonne traitée.
Aline Richard